Derrière les mots, il y a de vrais gens. Qu'est-ce à dire? Les délicieux textes d'
Ashley ne seraient donc pas l'oeuvre d'une
amazing plante verte qui puiserait son énergie dans le sol de Beauce-thonie? Les
Ménagères ne seraient pas des services en argenterie de moins de cinquante ans reliés à l'ADSL?
Guilitti serait donc autre chose qu'une calculatrice virtuelle composant des textes pour le net et des TP pour le lycée? Vous voulez dire qu'il y aurait derrière tout ça des êtres vivants, quoique geek, qui mènent leur vie avec un but autre que de le raconter sur leur blog? Ça tombe sous le sens, bien sûr, mais jusqu'à l'épreuve de la réalité, ça reste de la théorie.
Les Pitous ont décidé d'affronter sur le tard cette expérience extra-bloguinale que beaucoup d'autres ont vécue avant eux :
la rencontre avec un autre blogueur. On a beau savoir qu'il existe des pique-nique matérialisant des êtres virtuels autour de salades de pâtes et de nappes à carreaux Wifi, et fantasmer vaguement sur une rencontre avec la
reine des Patates, une
Tenancière de cloub privé ou
[lisez ici votre nom s'il n'apparaît pas ci-dessus], ça ne veut pas dire qu'on imagine possible de passer à l'acte. Surtout quand on vit dans un département aussi urbanisé que le nôtre
(il compte plus de blogueurs que Saint-Pierre et Miquelon, c'est vous dire).
D'ailleurs, quand j'écris :
Les Pitous ont décidé d'affronter sur le tard cette expérience extra-bloguinale (se citer soi-même : une clé de la réussite), je maquille la réalité, histoire de me faire croire que nous tenons notre destin bien en main. La vérité, c'est que nous avons reçu la semaine dernière un courriel d'
Eric Newick (le petit neveu de Groquik, en dépit de leur peu de ressemblance)(je viens de réaliser que le dit Newick est sans doute trop jeune pour avoir connu Groquik, mais où va le monde...) qui nous proposait une rencontre.
Bien à toi, feu Groquik. Pour avoir une idée de l'apparence de Newick, imaginez-vous à peu près le contraire. Pour les plus espiègles d'entre vous : nous ne sommes pas en mesure de vous révéler si Newick a, comme son illustre grand oncle, une énOrme surprise cachée dans le paquet.On peut comprendre qu'il ait été impatient de nous rencontrer : qui ne le serait pas à l'idée de voir en chair et en os des êtres aussi spirituels que nous (rire cristallin) et aussi enjôleurs (rire de sirène)? De mauvaises langues prétendraient sans doute que Newick, ayant le projet de se mettre au vert à quelques dizaines de kilomètres de notre mégapole ornaise et subodorant qu'il s'y ennuierait un chouïa entre deux révisions, avait pris des dispositions pour meubler une pluvieuse après-midi d'été. Il faut concéder à ces esprits chagrins que Newick a des talents certains de météorologue, puisque la
ville d'eau qu'il a choisie pour villégiature n'a jamais aussi bien mérité cette appellation.
Sitôt la proposition de Newick reçue, je rédige, sans trop chercher à délibérer en mon fors
alamo intérieur, une bafouille subtile et pleine d'allant par laquelle nous voulons bien agréer ses sentiments distingués et même qu'on ira au restau. Etonnamment, l'angoissante question : "
Et si on n'avait rien à se dire?" ne traverse que très furtivement mon esprit. Même au moment du départ, l'heure n'est pas à la fébrilité. Une bonne astuce anti-stress (et c'est un angoissé chronique qui vous la donne) : pour affronter sereinement l'inconnu, focalisez-vous sur votre heure d'arrivée; au besoin, scrutez sur le GPS les minutes gagnées sur le temps initialement prévu (Catherine - c'est le nom de la madame du GPS - calcule toujours un peu large : elle ne connaît pas la réalité des routes ornaises, soit qu'elle se figure que c'est la Croisette en mai, soit qu'elle s'imagine que nous n'avons que des chemins en terre battues sinuant dans nos mirifiques forêts normandes hantées de vaches sauvages et de barattes à beurre indomptées - ce en quoi elle se trompe : nos barattes à beurre sont très dociles, je trouve)*. Bref, l'effervescence qui aurait dû accompagner cette grande première a attendu l'arrivée au point de ralliement (un beau panache blanc*) pour se manifester, et encore pas trop parce qu'il y avait à deux pas du parking un choupi poney gris** et neurasthénique à qui nous sommes allés faire nos salutations en attendant Newick (dans nos mégapoles ornaises, on trouve toutes sortes d'équidés à chaque carrefour, et l'usage est de s'agenouiller devant eux en leur susurrant des mots tendres, voire de leur offrir une tartine de camembert et sa compotée de pommes).
Il y aurait beaucoup à dire des moeurs ornaises qui doivent dépasser l'entendement de beaucoup d'entre vous (c'est un monde à part : il n'y a que les reporters de Jean-Pierre Pernault pour le comprendre, eux qui viennent interroger nos curés pour savoir quelles consignes de vote ils donnent aux fidèles***), mais cela nous prendrait trop de temps et je m'aperçois que je n'ai toujours pas traité le sujet de fond de l'article.
À suivre...
Pitou G.
* comment ça, vous avez perdu le fil? Vous ne faites pas beaucoup d'efforts, tout de même!
** parce que
le cheval, c'est trop génial! (cette note s'adresse à ceux qui n'ont rien de mieux à faire que regarder les publicités à la télévision, bande de Jean-Pierre!)
*** Véridique. Ce reportage date d'il y a plus de dix ans, mais il est bien réel. Même le curé n'en revenait pas... Reconnaissons un talent aux journalistes de Tf-foin : ma ville semblait cent fois plus jolie à l'écran.