Le blog coruscant et capricant d'un couple de garçons en retour d'exil

dimanche 17 août 2008

J'ai entendu votre conversation

Pitou V. : "Caravane a envie de se faire atteler".

Caravane, c'est la petite laotienne de Plus Belle La Vie, la série qui oeuvre pour le rapprochement des peuples et la grosse drague lourde des petites asiatiques .

samedi 16 août 2008

Chatoyantes gougleseries

Du temps où nous nous lamentions en terre picarde, sur Quaidesomme, nos statistiques nous annonçaient des tas de requêtes rigolotes qui menaient sur notre blog. Nous étions ainsi devenus, entre autres, le repaire de tous les amateurs de capillisculpture ou de pots trop minets (sic), des fans de Ringo et Karen Chéryl Isabelle Morizet (avec une préférence pour la version à poil), des géologues en herbe persuadés que les roses des sables étaient du pipi de chameau cristallisé (par pitié, faites attention à ce que vous racontez à vos marmots : moi, j'y ai cru longtemps à cette histoire!) et des déçus de la vie ("je ne baise plus g fais quoi"(re-sic)), des trucs un peu funky, quoi!

Mais depuis que nous avons gagné les hauteurs de Montdepitous, Gogole tire la tronche. Il n'a que deux requêtes à son vocabulaire, dont une qu'il nous ressert tous les jours de la sainte semaine :

Piège à chats
Alors je ne veux même pas savoir pourquoi vous voulez capturer des chats, si c'est pour les amener chez le véto (vous êtes quelqu'un de bien) ou pour en faire qui des pantoufles, qui des chats de labo (merci de vous tailler en quatrième vitesse), mais je vous préviens tout de suite : le seul piège à chat que nous ayons fortuitement inventé ne fonctionne que sur des chats noirs de petite taille, un brin couillon* (bien que castré) et de type collant, capable d'imprégner de bave votre t-shirt en quelques secondes - il croit que c'est un tétine-shirt (il est peut-être un peu sourd, aussi). Bref, ça ne marche que sur Calim.

Et c'est encore Calim qui nous vaut l'autre requête récurrente :

Caliminogue
Pour la millième fois, le nom de la chanteuse australienne c'est Cahili Minougue, à ne pas confondre avec notre chat (qui aurait peut-être lui aussi bavé** avec beaucoup de plaisir sur Olivier M., le plus nul de tous les acteurs français)(et pour coiffer au poteau le regretté Jean Lefèvre, il faut en avoir, du talent!)


Et dans ce paysage désolé de recherches gougouliennes jaillit parfois, comme par magie, la poésie d'une étonnante "comète de spaghetti".

Pitou G.

* Couillon peut-être, mais pour me manoeuvrer hors du lit sur le coup des trois heures du mat', il s'y entend comme un chef!
** Vous le comprenez comme vous voulez, hein!

vendredi 15 août 2008

Dans la chambre de Zouzouk

C’est un trésor de vétéran retrouvé dans mes archives personnelles, une photo du lieu où j’ai passé le plus clair de mon temps lorsque j’étudiais au lycée Infini : un coin de la chambre de Zouzouk.


Le capharnaüm de ce petit pan de mur est à l’image du reste de la pièce, assemblage de photos chipées dans mes Têtu (j’ai l’excuse de la jeunesse, hein !), de collages, de cartes du Piaf et de nos citations personnelles et indélébiles inscrites directement sur la paroi – notre Lascaux privatif. Le bureau s’est délesté depuis des lustres de ses copies, de ses manuels, de ses bouquins, pour se couvrir de CD, d’une cafetière et d’une bouilloire. La guitare et les réserves de thés et de cappuccino sont hors champ, mais pas oubliées…C’est là que fut composé notre hymne inoubliable , Morphine, en hommage à notre prof de philo. Et là aussi qu’on s’est laissé aller à nos plus grands fous rires et à nos moments de plus franc découragement – souvent les deux à la fois.
Quand il a fallu quitter ce nid, en même temps que le lycée Infini, il fut impossible d’effacer nos adages : il a fallu les recouvrir de taches de peinture en forme de nuages, d’une teinte plus forte que celle du mur. C’était affreux, même en faisant abstraction des dégoulinures. On ne nous l’a jamais reproché !

Et voici le verso, dédicacé par Zouzouk.


Pitou G.

jeudi 14 août 2008

Le prix de la vie

Vérité assénée par la conseillère financière de notre copine Tonky (atteinte de natalite) :

« Mais ça ne coûte rien d’élever un enfant ! Le prix d’une Barbie n’a pas bougé en vingt ans ! »

On en déduira que :

- Élever un enfant se résume à lui faire vivre sa vie par procuration, en secouant une traînée blonde de la table de la cuisine à la salle de bain (je n’ai toujours pas pardonné à Barbie d’avoir largué Ken pour cet abruti de Blaine).

- Un enfant d’aujourd’hui joue à la Barbie (on ne fait pas de discrimination sexuelle, sur ce blog) de 3 à 15 ans, refuse obstinément de se coller à l’oreille un téléphone portable dernier cri (histoire de savoir combien ils auront d’enfants, avec qui et par quel moyen*) et considère avec dédain consoles et ordinateurs. Un enfant n’a pas de désir, hormis celui de dormir avec sa Barbie. Beaucoup de parents gagneraient à se le rappeler.

- Barbie garde vos enfants quand vous allez travailler, elle est rudement dévouée (elle a élevé quasiment toute seule sa sœur Shelley : on omet trop souvent de dire que la maman de Barbie est une mère alcoolique et irresponsable qui a fini en taule à force de battre ses filles).

- Un enfant n’a pas besoin de manger, de faire du sport, ni surtout d’aller à l’école ou de faire des études.

- Ce sont les banquiers qui ont fait de la France la nation la plus féconde d’Europe, même sans le secours de l’Eglise catholique. Ils sont tous de mèches avec le ministère des affaires familiales.

C’est marrant, notre banquier à nous ne nous a pas servi le couplet de la paternité heureuse…

Pitou G.

* Tu veux connaître la taille de ton prochain copain, tape vite le 3***** sur ton téléphone mobaïle !


mercredi 13 août 2008

Dédicastouf

Une dédicace spéciale pour Taphanie, notre Schtouf panamienne :




Edit 19h30 : comme par un fait exprès, alors que pas du tout, je m'aperçois que DMC tissus fait des siennes dans l'actualité.

mardi 12 août 2008

Chasse au Pitou

Un après-midi que nous fuyions l’insoutenable chaleur niçoise dans un centre commercial climatisé réfrigéré où nous avons traîné nos guêtres à la recherche d’un hot spot WiFi, nous avons échoué chez Nature et Scientologie. Si vous connaissez cette enseigne, vous avez dû remarquer qu’à de rares exceptions près, ils castent leurs vendeurs en partenariat avec l'agence Elite (il paraît qu’ils ont même fait une émission télé sur le câble : "Deviens le prochain vendeur de chez Nature et Sciento"). Et bien à Nice, c’est peut-être un peu plus vrai qu’ailleurs parce que, l’été, les plus beaux mecs convergent vers la Méditerranée (pour preuve, nous y étions).

Sans trop y prendre garde, mon homme et moi, nous nous sommes dirigés vers des rayons différents. En levant le nez d’un bouquin que j’avais pris plus ou moins au hasard (quelque chose comme Le QI des mammifères marins), je me suis aperçu que mon Pitou V. n’était plus dans les parages. Et quand mon Pitou V. n’est plus dans les parages, je me sens tout perdu. J’ai tourné la tête dans toutes les directions et promené mon air désemparé entre les rayonnages de livres (Faites vos tisanes maison avec les pieds, Les énigmes électro-magnétiques cavernicoles...), d’arrosoirs et de thermomètres titanesques.

C’est au beau milieu des guirlandes papillons que j’ai croisé le regard d’un vendeur, géant aux yeux doux. Vu que j’avais l’air d’un elfe égaré à Manhattan, posant des yeux paniqués sur tout ce qui l’entoure, il a cru que j’avais besoin de son aide. Ou peut-être que j’étais un gibier à prendre, parce qu’il avait l’air d’être prêt à donner beaucoup plus qu’un conseil (achète-moi une bougie Ylang-Ylang, et je t’offrirai ma vie). Mais quand il a fait vers moi un pas timide et entrouvert les lèvres pour me proposer son aide, j’ai rougi et baissé les yeux, sans trop savoir pourquoi. Et une dame qui passait par là, indifférente à toute la poésie de cette scène, l’a alpagué : “Ils sont pas en soldes les galets de relaxation ioniseurs?” Il a jeté sur moi un oeil inquiet en me voyant m’éloigner. Je repartais en quête de mon Pitou, qui tournait en rond dans le même sens que moi.

Un peu plus tard, quand le géant est de nouveau passé à proximité, j’ai fait mine de me passionner pour Le Feng Shui pour mon chaton, pour ne pas avoir à recroiser son regard. Il continua à dessiner autour de moi de grands cercles concentriques, jusqu’à ce qu’ayant constaté la nouvelle disparition de mon homme (l’appel de la tisane), je lève encore sur le monde de grands yeux tristes. Il en a profité, le bougre :
“Tout se passe bien?”

Sa question était totalement inappropriée : un vendeur qui vous demande si “tout se passe bien”, c’est comme un chausseur qui vous demanderait “Quel parfum?” ou un serveur : “Quelle pointure?”. Notez bien que quand on me marche sur les pieds, je dis “merci beaucoup”, alors en terme de réponses inadéquates, je n’ai pas de leçon à donner. J’ai tout de même trouvé ça mignon, parce que ça ressemblait à la maladresse de celui qui veut vous aborder depuis longtemps et s’embrouille à la dernière minute. Mais comme je n’ai pas trouvé de réplique plus subtile que “Bah oui, hein”, ça a un peu brisé la féerie. De toute façon, mon homme est revenu à point nommé pour l’empêcher de me manger tout cru.

Pitou G.

lundi 11 août 2008

Bronzer à la pitou

De l'avis unanime (et légèrement sarcastique), je n'ai jamais été aussi bronzé de ma vie. Il faut savoir que mon corps a une façon bien à lui de se tanner : quand il ne rougit pas, il se parsème de taches de rousseur qui, de proche en proche et vues de très loin, donnent l'illusion d'un hâle uniforme. Ma peau est un chef d'oeuvre du pointillisme, un Seurat estival (parce qu'en hiver, c'est un Kazimir Malevitch : Carré blanc sur fond blanc), une réplique miniature de la Voie Lactée.

Voilà ce que ça donne (photo prise en hâte, avant que le bronzage ne s'estompe - c'est-à-dire avant demain):

Dos constellé de taches de rousseur et crinière poussant sur la nuque, fin d'été.
Août 2008. Collection privée de l'artiste.


Hier, lors de l'ultime escale avant le retour en Normandie, mon père a projeté sur son mac le montage photo des vacances (oui, oui : mon père n'attend pas d'être rentré pour faire ce genre de choses) à nos hôtes. Quelqu'un de profondément malveillant, je ne vois que ça, a dit en me voyant sur la plage : "Sur cette photo, Pitou G a rudement besoin de bronzer. On voit bien que c'était le début des vacances!".
C'était la veille du départ.