Le blog coruscant et capricant d'un couple de garçons en retour d'exil

jeudi 10 décembre 2009

Question de longueur

Malgré une semaine de "vacances", comme nos élèves se plaisent à appeler la fermeture d'Haquenée pour cause de grippe, je n'ai même pas trouvé le moyen de nourrir ce blog. Il faut dire qu'habité de missions sacrées telles que nettoyer le frigo à fond ou cuisiner des gratins dauphinois pour mon homme, j'ai pensé un instant démissionner et abandonner toute vie intellectuelle - et oui : on ne dirait pas comme ça, mais tenir Montdepitous est une activité de l'esprit. La fin du chômage technique m'a cependant remis les idées en place : je ne suis pas né pour porter le fer à repasser. Elle m'a aussi apporté quelques perles.

Bons princes, nous n'avions pas laissé nos troupes sans stimulation cérébrale, pendant ces congés forcés : chacun avait un petit dossier d'activités à réaliser. Mes classes avaient ainsi à finaliser une rédaction commencée en cours. Mais le terme "à rendre sur copie" est suffisamment ambigu pour laisser entendre à un adolescent lambda que son prof va se satisfaire d'un minuscule paragraphe gribouillé sur une feuille de brouillon. En constatant que ses camarades rendent des travaux autrement substantiels, le spécimen en question, pris d'une brusque bouffée de honte, prend son air le plus penaud pour avouer :
"Elle est courte"
C'est un âge crucial, il ne faut pas laisser d'obscurs complexes leur gâcher l'existence. Alors j'ai pris ma voix la plus consolatrice :
"Ce sont des choses qui arrivent, tu sais. C'est injuste, mais ce n'est pas très grave : il te faut faire avec".

Je ne comprends vraiment pas pourquoi les autres étaient morts de rire. Je leur ai dit, d'ailleurs. Ils ne m'ont pas cru.
Ils me connaissent bien.

Pitou G.

lundi 7 décembre 2009

La geste des 5e

En attendant des articles plus consistants, l'on peut toujours compter sur mes petits 5e pour fournir des phrases chocs... Nous travaillons sur les récits de chevaliers, la littérature médiévale:

"Il remonta sur son cheval et partit pour l'hôpital" (la charrette du Samu s'était embourbée)
"Il proffite de l'occation pour lui trancher la chambre" (tant pis pour lui, il n'avait qu'à la ranger, sa chambre!)

à l'occasion d'une remarque sur une phrase incorrecte, qu'aucun n'aurait jamais prononcée:
- Mais voyons, relisez-vous, c'est votre langue maternelle tout de même!
- Moi j'ai pas de langue maternelle, m'sieur!"

V.

mardi 1 décembre 2009

Temps volé

Hier matin, alors que j'étais insouciamment descendu chercher des feutres à usage unique, je me suis fait harponner par le grand chef. Rivé à son bureau pour une raison que vous connaîtrez bientôt (suspens!), il avait besoin d'un émissaire digne de confiance pour aller gribouiller quelques statistiques au tableau de la salle des personnels : grippe 91.

À 11H et des poussières, la nouvelle est tombée : Haquenée, dangereux carrefour de contagion, devait fermer ses portes pour la semaine et être désinfecté quotidiennement. Les chefs sont venus prévenir individuellement les professeurs qui avaient cours, en leur demandant de garder le secret et de se joindre aussitôt leur cours fini à la réunion de crise. Le professeur zélé ne mange pas.

Du reste, quand on nous a demandé de fournir du travail à faire à tous les élèves pour 14H, on a compris qu'on ne verrait pas l'ombre d'une feuille de salade avant la fin des conseils du soir. Le professeur zélé est un chameau.

L'information de la fermeture du collège devait être communiquée, classe par classe, par les chefs, seuls habilités à délivrer une telle bombe. À midi deux, tous les élèves étaient donc évidemment au courant. Je vous laisse imaginer dans quelle sérénité se sont déroulés les cours de l'après-midi. Un pur bonheur. Le professeur zélé est un martyr.

Ne vous réjouissez pas trop vite pour moi : Bien qu'en chômage technique, je suis de permanence téléphonique ("Allô, Haquenée à votre service : pour un entretien individuel avec Pitou G., veuillez donner votre numéro de carte bleue" : les collègues sont unanimes, avec ma voix de velours, je vais ramener assez de crédits pour financer toutes les virées pédagoguiques) ou de réunion à peu près tous les jours. Et je ne vous parle pas de toutes les copies à corriger la semaine prochaine. Cette fermeture, ça sent la fausse bonne idée. Le professeur zélé est un sacré râleur.

Souhaitez-moi bonnes vacances et bien du courage à mon homme qui, lui, va au turbin!

Pitou G.

dimanche 29 novembre 2009

Amis et Panamie

“Bon : cette semaine, on fait l’hôtel. Et la semaine prochaine, on n’arrivera pas à vous décramponner!”
C’est ainsi que Taphanie a résumé les projets de nos deux derniers week-ends en Panamie. Elle n’était pas très loin de la vérité.

Après un voyage en train comme la SNCF ne nous en avait pas offert depuis longtemps (mention spéciale au contrôleur infichu d’articuler “Montparnasse” et qui se perd dans d’obscures explications que personne n’avait réclamées au sujet d’un train supprimé, d’arrêts imprévus et d’une paire de lunettes trouvée - avec description en trois volumes de la dite paire), nous avons mangé un repas diététique franc-comtois chez Taphanie et Huck.

Nous avons profité du premier week-end pour courir les spectacles vivants hyper-select, les salles d’expo underground et les cinémas d’art et d’essai faire du shopping et voir nos amis panamiens. Après un réveil des plus tardifs, on a mangé thaïlandais chez MAB et son mari sous une averse tropicale (quel souci du détail! Ils devraient en prendre de la graine dans Un dîner presque parfait) causée par un vase renversé chez la voisine du dessus (ils ont une toute belle cage d’escaliers : on ne peut pas tout avoir). Depuis que MAB est inscrite sur la liste complémentaire d’un concours organisé tous les quatre ans et qui recrute cinq personnes (c’est sans doute le Comité International Olympique qui sert de jury), tout le monde veut l’embaucher, mais personne n’en a le droit. Quand elle essaie d’avoir des renseignements auprès du ministère dont elle va dépendre, personne ne sait quoi lui dire. Quant à sa conseillère Pôle-emploi, qui ne comprend rien à ses qualifications (souvenez-vous), elle a fini par abandonner : “Je crois que vous êtes assez autonome, en fait”. En même temps, pourquoi MAB irait-elle accepter un emploi en sachant pertinemment qu’elle aura un poste dans quelques semaines?

L’après-midi, nous avons couru les grands magasins dansé le buto (pour ceux qui ne connaîtraient pas cet art japonais de la mise en espace, il s’agit de bouger le plus lentement possible pour capturer le mouvement) sur le trottoir des galeries Lafayette. Cette virée shopping fut assez peu fructueuse : hormis mon parfum qu’on ne peut trouver qu’à Paris, Londres, New-York et Dubaï, on ne s’est rien acheté. L’abondance de minous panamiens supersapés mégagaulés n’aide pas à se sentir en confiance et à ouvrir son portefeuille. Ça me rend presque aussi grincheux que de devoir prendre place dans une file d’attente trois fois plus longue que celle du musée du Louvre pour entrer chez Uniqlo place de l’opéra. Attendre pour entrer dans un magasin de fringues, fussent-elles nippotechnohydronanologiques, il n’y a vraiment pas moyen! Nous refusons de louer un enfant juste pour pouvoir griller la priorité (c’est trop cher payé, si on est obligé de se le farcir jusqu’à la fin du shopping). De toute manière, l’offre commerciale parisienne n’est pas si fantastique : on trouve des Weston et des Blahnik à la pelle, mais acquérir un simple Cocotaki tient de la mission impossible. On a fini par dégoter un Camelott (le jeu préféré de la grand-mère de V., après les petits chevaux) dans une boutique où des clients ont failli finir leur vie écrasés sous le rideau de fer et où mon homme a dû faire lui-même son papier cadeau : la prochaine fois, on lui offrira des chocolats, à Ashley...
La dernière destination de ce samedi était, en effet, le ranch le plus célèbre de toute la blogosphère. Notez qu’il ressemble plus à une distillerie clandestine qu’à un élevage de mustangs (même si on ne peut nier qu’Hannibal et Brutus aient un prestance de pur-sang) : bienvenue dans la maison du rhum arrangé! D’ailleurs, je tiens à rectifier les allégations d’une certaine blogueuse, qui prétend que les Pitous boiraient comme des trous! Je peux jurer sur la tête de mon ministre qu’Ashley remplissait mon verre de tord-boyaux aux litchis sans que je lui demande rien et qu’elle a pris mainte fois prétexte de la marée basse dans le verre de mon homme pour remplir le sien de breuvage vanille- pain d’épices. Amère déception : nous n’avons même pas entre-aperçu Miqueline en scrutant le fond de la faille qui balafre le couloir (ça, ce n’est pas une légende urbaine).
Vous devinez que, le lendemain, nous étions frais et dispos pour participer au repas d’anniversaire de ma grand-mère et de mon frère, auquel nous sommes arrivés parfaitement à l’heure, à une heure près.

Fin du premier week-end.

Pitou G.

vendredi 27 novembre 2009

Quand le coq pondra des oeufs

"M'sieur, y a des marques sur le sol!"
[Ne lève pas trop les yeux, tu verrais les stylos billes fichés dans les dalles du faux-plafond en amiante]. Sur le revêtement en plastique, le top du top de la pétrochimie en 1975, sont en effet visibles de larges griffures.
"Ça ne me surprend guère : les élèves, c'est comme des animaux en cage. Ça gratte le sol quand ça se sent pris au piège. Comme les poules (je mime). Voilà! Vous êtes ma petite basse-cour.
_ Comment ça se fait trop pas! Nous k'aussi z'on peut dire des trucs sur les profs!
_ J'imagine bien. Mais vous, vous le ferez en dehors de ma classe [je tiens à préciser que les stalagtites fichées dans le plafond de cette salle ne l'ont pas été durant l'unique heure hebdomadaire que j'y anime avec un entrain et un dévouement toujours renouvelés]!
_ Bah vous, vous êtes... le roi-poule!"
J'ouvre un oeil rond de volaille perplexe (=l'air d'une poule qui aurait trouvé un cure-dent planté dans le plafond de son poulailler en amiante) :
"Le roi poule?
_ Bah le coq, quoi! Ou un papa poule!
_ Asseyez-vous, mes poussins"
Ils se sont retrouvés le bec dans l'eau, mes petits cochons-dindes.

J'ai décidément un gros faible pour les hôtes ailés de nos fermes.

Pitou G.

jeudi 26 novembre 2009

Marre à casse

-Inscription sur la trousse de Machoman :

"Qui a les plus grosse maracasses" (sic et re-sic)

Je n'ai pas pu m'empêcher de le charrier sur la taille du mini-stylo qui va avec.

Pitou G.

mardi 24 novembre 2009

En espèces ou par tarte?

Après l'existence de la trop méconnue ligue des pets, j'ai fait une nouvelle découverte aujourd'hui. Les gnomes sont décidément très en verve, en ce moment. Merci à Follet, mon camarade de bitchage, de m'avoir communiqué cette perle :

"L'âne et le cheval ne sont pas de la même espèce, parce que l'âne fait hi-han alors que le cheval fait blouf" (l'hippocampe, peut-être).

L'an prochain, j'en redemande, des gnomes!

Pitou G.