Le blog coruscant et capricant d'un couple de garçons en retour d'exil

lundi 23 novembre 2009

Perlouze

Je sais qu'on abuse, que novembre n'est pas un mois faste pour le blog. Mais le boulot n'est guère inspirant, depuis que j'ai perdu mes poètes - pour les lecteurs fidèles et curieux, le S.A.V. m'a permis d'apprendre que mon bon Catul en vient presque aux mains avec ses nouveaux profs... J'ai griffonné quelques notes qui seront bientôt disponibles en exclusivité sur Montdepitous (les autres n'en veulent pas).
Mais là, il y a une perle qui a la préséance absolue. Le désoeuvrement offre parfois de belles opportunités. Quel heureux hasard m'a fait fouillasser dans la pile de copies de mon collègue d'histoire? Est-ce une Muse? Est-ce le Destin? Est-ce seulement la nostalgie des gnomes? Et dans ce tas de travaux encore inviolés, il a fallu que je déniche ce bijou (regardez la date, c'est du tout frais!). Avouez que j'ai eu... du nez :

Tu peux cliquer, mais c'est à tes risques et périls.

Au début, j'ai cru que la gamine était partie dans un pur délire : "Les Pets sont partie en désordre", là "où il y a un petit espace". On pouvait prédire que ça aller chi€r des bulles! Evidemment, les Pets ont circulé dans toute la salle des profs (il valait mieux que ça ne reste pas trop entre nous) en un vent de folie.
Mais une voix inspirée m'a soufflé que la gamine était juste un poil dyslexique : pauvre Xerxès, il n'imaginait pas qu'il ne serait qu'une brise légère dans l'Histoire...

Pitou G.

mardi 17 novembre 2009

C'est mal de se moquer...

mais tout de même! Ci-dessous, un extrait de copie de gnomes sur lequel je suis retombé et qui mérite qu'on s'y attarde davantage...

"dans un village des cruelle rombieres (Neuilly?). Il avait la plus grande comfusion. (comme pour l'orthographe et la syntaxe, finalement) (...) Calidona a mourut dans l'incendie qu'il y a eu à sa maison (mais elle n'est pas souffert, elle avait très vieille de toute façon). (...) Et la nymphe a disparue (ben forcément, avec tout ce bordel, l'incendie, la confusion des rombières qui courraient partout en mocassins vernis avec leur serre-tête. C'est normal de perdre une nymphette, elle a dû glisser de son transat...) . Le bruit court qu'elle s'était attacher dans Samuel Stone (c'est une GI-nymphe, spécialisée en camouflage et fan de "L'aventure intérieure") l'homme que tout les rombiere poursacher (Samuel Stone est tellement sexy que les rombières rêvent de l'emballer dans du cellophane - les perverses)."

On reste coit!

V.

dimanche 15 novembre 2009

Entrée surprise

On se plaint de notre silence, on nous réclame... Pas de fausses allégations ni de prétextes, Procrastinator a encore frappé, laissant nos projets d'articles dans les limbes. Vous aurez donc droit à un article catalogue qui, parti de rien, n'arrivera nulle part. Vous ne viendrez pas vous plaindre, puisqu'on vous dit que notre vie est aussi passionnante qu'une commémoration du 11 novembre (mais moins déprimante tout de même - on a Internet).
Ce mois-ci je suis en mode élu sérieux; en plus des réunions intéressantes, des étapes obligées, je vais même faire la potiche en public. Cette semaine, j'ai bu du champagne en regardant des belles pouliches sauter (non, je n'étais pas chez Mme Claude), enduré la bruine glacée consubstantielle aux cérémonies de l'armistice, fait le tour du salon du livre avec des vrais auteurs dedans, réunionné sur la démocratie participative et vu DEUX spectacles gratuits. Je sais, mon abnégation n'a d'égale que mon courage. La vérité m'oblige à dire que c'était très bien: Ces chers enfants perdus dans les neiges éternelles était une pièce drôle et plutôt inattendue. Les jeunes comédiens sont remarquables. Le sujet (des enfants organisent leur survie après un crash aérien...), s'il n'est pas entièrement novateur, donne lieu à des dialogues comiques surprenants et l'ensemble est porteur d'une réflexion intéressante sur le pouvoir et la raison dans des situations de crise. Les passages émouvants - en duo - offrant à mon sens bien moins d'intérêt que les scènes de groupes - qu'elles soient amusantes ou violentes. Nous avons regretté la fin "Ouf c'était un rêve", digne d'une rédaction de collégien. Pitou G., un peu fatigué ce soir-là, a tout de même trouvé le moyen de déclarer à la mère d'un de ses élèves: "Y a quand même des longueurs dans ce spectacle...", deux secondes avant de se souvenir que c'était aussi la compagne du metteur en scène.

L'opéra bouffe d'Offenbach, L'apéritif La Périchole, nous a bien plu également. Je n'avais jamais rien vu de pièce de ce compositeur et pourtant je me suis senti en terrain connu: l'argument (un roi installe une chanteuse au palais) est fort simple et l'adaptation ne se prive pas de clins d'oeils (un peu appuyés parfois mais drôles) à l'actualité. La musique, très pouêt, est diablement efficace et la soirée passe agréablement, malgré les deux entractes. Le casting a permis l'improbable rencontre du clone de Jeanne Balibar avec celui de Bernard Ménez. Je dois dire que j'avais des craintes quant à la modestie des effets, mais le résultat est surprenant et conserve une certaine flamboyance. De quoi donner envie de retourner au théâtre... peut-être même dès samedi prochain, en Panamie.

Ce n'est pas encore pour tout de suite que vous pourrez admirer des photos de notre salle de bain achevée: depuis un mois et demi, notre précieux plombier n'a fait que quelques apparitions sporadiques. Après les magnifiques toilettes suspendues (il y a quinze jours), nous avons eu la plaque de chasse d'eau des dites toilettes (pendant une semaine nous avons activé des tigettes de plastique...), puis un magnifique interrupteur gris métallisé (les prises ne rentraient pas). Bientôt un radiateur qui ne fuit pas, un placard et la peinture (peut-être un beau stucco anthracite). On ne peut même pas lui en vouloir, l'artisan est si arrangeant et soigneux qu'il se laisse toujours un peu déborder par les demandes des clients - nous en avons profité: l'isolation n'était pas prévue, pas plus que la VMC et bien d'autres choses!

Nous avons découvert chez Jebaguenaudedanslespaturages le jeu "Les aventuriers du rail" qui nous a tant plus que nous en avons fait l'acquisition dans la semaine. Il faut dire que le principe est simple: sur une carte de l'Amérique du Nord, il faut pour réaliser des trajets que les autres ignorent. Une seule action par tour: piocher des cartes ou poser des wagons, des règles accessibles à partir de 7 ans. C'est d'ailleurs le fils aîné de notre hôtesse qui a remporté cette première partie. Une excellente idée de cadeau pour Noël. Les parties avec Poussinou et son ami (quand on quitte la Picardie, on emporte toujours un produit local!) ont atteint des sommets de concentration. Ce n'est pas la grosse marrade, mais c'est fichtrement bien. Pour rire, nous avions l'embarras du choix: wii (les lapins crétins projetés sur le mur du salon=soirée réussie), cocotaki "expert" (ou comment transformer un jeu mignon et innocent en grand n'importe quoi) et autres petits jeux de société jusqu'à des heures indues plusieurs soirs de suite... J'ai préparé beaucoup de mojitos... et quand il n'y a plus eu de rhum, je me suis rabattu sur le gin pour faire mon désormais célèbre "Ginito". L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, surtout quand il vous fait inventer des cocktails.

V.

dimanche 1 novembre 2009

Toussaint pour ça

Vous aurez bientôt droit à la suite de mes déboires de sac de Mary Poppins. En attendant, je ne pouvais pas vous laisser endurer ce vrai temps de Toussaint (ne me dites pas qu'il fait beau chez vous : je n'aurai pas envie de vous croire) sans vous offrir un peu de réconfort. Quand la météo déclenche des tempêtes (Evelyne Dhélia counasse), vous pouvez compter sur Montdepitous pour emplir vos oreilles d'allégresse :



Les plus fidèles d'entre vous reconnaîtront peut-être cette douce musiquette que nous vous avons déjà fait découvrir il y a quelques mois. Hélas, depuis, le lien est devenu caduc. Réparons donc l'injustice - mais ne faisons pas de zèle : j'ai quand même un peu raccourci le morceau (ça s'entend un peu : on sent le professionnel). Voilà qui vous donnerait presque envie de rejeter plein de C02 pour aller beach-paradiser dans les Caraïbes... Comment? Vous me dites que ce délicieux havre de paix est en Sicile? Mince, on ne pourra même pas invoquer l'excuse de l'écologie pour le snober. Bref, si vous avez envie d'aller zouker au pied de l'Etna en compagnie de gais lurons majoritairement français, vous savez ce qu'il vous reste à faire...

Pitou G.

vendredi 30 octobre 2009

Merci Poppins

Nous revenons d'un séjour supercalifragilisticexpialidocious chez Belledeschamps, en terre picarde. La plupart des gens polis, lorsqu'ils débarquent chez les gens, viennent les bras chargés (de fleurs/de bouteilles/de cadeaux); nous, nous venons juste avec nos bras, mais ils ont fait de l'usage.
Belledeschamps avait en tête plein de projets pour telle ou telle pièce de chez elle, et quelques meubles là où il ne fallait pas. Elle avait aussi une longue liste de petites tracasseries quotidiennes (l'Enfant, ici double, est un grand pourvoyeur de petites tracasseries quotidiennes, ainsi que la voiture de fabrication française). Moi, je me serais assez bien vu profiter de la douceur printanière de cette fin octobre, corriger quelques copies en slalomant entre les Beaucerons ou bavarder en coursant les poules. Mais mon homme nourrissait de plus hautes ambitions.
Vous ne reverrez pas de sitôt Pitou V. traverser une cour de ferme en galopant à reculons, tout en portant un meuble Louis XIII, et entraîner dans sa course folle notre hôtesse et votre serviteur, mi-trottinants, mi-clopinants. Lorsqu'il s'est agi d'évacuer un bureau métallique de la maison, nous n'avons même pas songé à atteler les poneys chiennes. Et là encore, il a fallu suivre le rythme trépidant imprimé par mon homme. Je ne parle pas des kilos de pommes qu'il a fallu découper pour assouvir sa fièvre compotière. Il faut reconnaître que toutes les prouesses effectuées sont à mettre au compte de Pitou V. Toutefois, comme je ne voulais pas passer pour la tache qui tire au flanc, je me suis employé avec application à de menues tâches ménagères. Tenter de se rendre utile quand Mary Poppins est à la maison, c'est dérisoire; mais je suis tête de mule et j'ai fait l'émule.
Mary Poppins... Pitou V. a bien mérité le surnom que lui a donné Belledeschamps. Quand je l'ai félicité pour tout le travail qu'il a abattu en si peu de temps et que je lui ai confié mon sentiment d'inefficacité, il m'a mignonnement rassuré :

"Mais tu es nécessaire à Mary Poppins pour qu'elle puisse accomplir ses merveilles; c'est en toi qu'elle puise toutes ses ressources"

C'est ainsi que je suis devenu le sac de Mary Poppins.

mercredi 28 octobre 2009

It's so zi

Dernière semaine avant les vacances, autant éviter de commencer quelque chose de neuf. Je lance donc la classe dans une activité d'écriture en groupe. Fillette prend manifestement la chose très au sérieux :

"M'sieur, vous aimez le VTT?
_ ...
_ Vous avez redoublé votre seconde?
_ Ça fait beaucoup de questions essentielles d'un coup, là. Non et non.
_ Parce que vous avez un sosie au lycée A., mais un vrai de vrai sosie, j'vous jure. En plus jeune, hein, bien sûr!"

C'est toute l'histoire de ma vie. L'automne étant la saison du souvenir, je songe à créer un mémorial en hommage à tous mes clones :


Cliquez sur les différentes parties de ce monument virtuel pour tout savoir de mes jumeaux.

Pitou G.

mardi 27 octobre 2009

Je gracques**

Lors d'une semaine marathon parents-profs, un papa est allé dire à une collègue (pas à moi, ce serait trop simple) que monsieur Pitou G faisait "du latin façon latin". Personnellement, je ne sais pas trop comment je dois le prendre, mais lui avait l'air ravi. J'en déduis qu'il se réjouit que sa fille/ son fils/ son ragondin (barrez les mentions inutiles : la collègue en question ne sait plus qui c'était : quatre heures de réunions trois fois par semaine, ça vous grille les neurones) n'érige pas des temples en canettes de coca en regardant Astérix aux Jeux Olympiques. Je ne sais pas trop sur quels éléments il fonde son opinion, sans doute sur le contenu du cahier qui donne le change ou sur le témoignage d'un rejeton mythomane. Je pense qu'il est à mille lieues d'imaginer ce qu'est devenue ma classe : une vaste joute de vannes.

"M'sieur, c'est quoi les Patraciens*?
_Des crenouilles!"

J'ai définitivement renoncé à faire de vrais cours le vendredi en dernière heure et, tant qu'à faire, autant partager ce grand n'importe quoi avec mon amoureux. J'ai donc sollicité de la bienveillance du Grand-chef l'autorisation d'inviter Pitou V. Les mômes (à 92 % d'anciens élèves de mon homme) étaient ravis et, chose curieuse pour une veille de vacances, plus calmes que d'ordinaire. Il faut dire que, contrairement à la semaine précédente, en montant vers ma salle, je ne me suis pas agenouillé devant la collègue de maths qui, devinant le degré d'excitation des fauves, venait de me souhaiter bon courage. Avec cette classe (et seulement avec elle, heureusement!) je m'ingénie à me mettre dans des situations ingérables. C'est pas compliqué : il suffit de dire le bon mot qu'il ne faut pas au moment où il ne faut pas. Et quand votre verve est en berne, il faut juste obtenir le silence (de haute lutte) à l'instant même où Ombeline se met à se trémousser sur sa chaise en chantonnant "J'ai envie de faire pipi" à deux centimètres de moi, sous le regard ahuri de ses condisciples. Retenez que le "latin façon latin", c'est diurétique.
La même Ombeline, qui n'a pas toujours la comprenette facile, aimerait tout simplifier : ne comprenant pas pourquoi certains aristocrates romains se préoccupent d'équité sociale tandis que des hommes d'origine obscure ont rejoint les rangs des conservateurs**, elle a pris une décision courageuse :

"Je veux créer un nouveau parti : l'Ombelle unique!
_ Et moi le Théanique! s'est empressée d'ajouter Théa.
_ Au rythme où ça va, on va surtout créer le Titanic, ai-je surenchéri en provoquant l'hilarité. Et là, je crois que je viens de créer moi-même l'iceberg sur lequel nous allons nous fracasser..."

En général, j'en ressors exténué et j'oublie aussi sec ces sémillants échanges - les mômes ont plus de mémoire : dernièrement, on m'a ressorti une blague de l'année dernière. C'est grand dommage pour ce blog. Et pour une fois que j'avais un secrétaire au fond de la classe, il ne s'est pas dit grand chose. Frustration.

Pitou G.

* Vous aurez reconnu les "Patriciens", noblesse sénatoriale.
** Pas de panique, je n'ai pas l'intention de jouer aux devinettes avec vous.